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mercredi 21 mai 2014

Le Ministre malien des affaires étrangères demande la création d’une commission internationale de vérification des faits et un mandat robuste pour la MINUSMA

Le Conseil de sécurité, qui s’est réuni cet après-midi pour examiner la situation au Mali, après les graves incidents de ces derniers jours à Kidal, a entendu le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et le Ministre malien des affaires étrangères.  Ces derniers, qui s’exprimaient en direct de Bamako, par vidéoconférence, ont fait état de la situation qui prévaut sur le terrain et souligné les conditions nécessaires pour assurer un retour au calme.

Le Représentant spécial, M. Bert Koenders, a déploré les pertes en vies humaines et les actes de violence commis ces derniers jours à Kidal, avant d’adresser ses condoléances au Président du Mali et aux familles des victimes.  Il a demandé d’identifier les auteurs de ces crimes odieux et de les traduire en justice.

M. Koenders a expliqué que ces actes agissaient en violation de la résolution pertinente du Conseil de sécurité et de l’Accord préliminaire du 18 juin 2013.  Il a déploré que deux Casques bleus et 21 policiers de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) aient été blessés à Kidal.

Ces graves incidents, qui se sont produits pendant la visite du Premier Ministre malien dans la région, soulignent les problèmes sécuritaires qui se posent au Mali, a fait observer M. Koenders.  Ils illustrent en particulier la complexité et la difficulté d’un retour au calme dans le nord du pays, a-t-il ajouté.

Le Représentant spécial a assuré que les Nations Unies demeuraient profondément attachées au rétablissement de l’État dans le nord du Mali, une condition nécessaire au traitement des causes profondes du conflit malien.  « L’indifférence, a-t-il dit, n’est pas une option.»  Pour prévenir d’autres pertes en vies humaines, il faudrait donner la priorité à une solution politique, a-t-il recommandé.

La priorité aujourd’hui, a-t-il poursuivi, c’est que Kidal s’éloigne du gouffre de la confrontation.  Tout doit être fait pour éviter qu’un nouveau cycle de violence place le Mali à l’ordre du jour du Conseil de sécurité et fasse courir des risques à toute la région.  Il a aussi demandé au Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) de rendre le bâtiment du Gouvernorat le plus tôt possible.

« Les violences ne feront qu’engendrer davantage de violence et le peuple malien sera le premier à en souffrir », a mis en garde M. Koenders.  Cette préoccupation avait été exprimée par le Vice-Secrétaire général qui a appelé le Président malien pour lui recommander de suivre une voie politique afin de résoudre les problèmes actuels, a-t-il rappelé, avant de souligner la nécessité pour la communauté internationale de faire pression sur les groupes armés et, notamment, sur le MNLA.

Les Nations Unies continueront d’accompagner les parties dans le processus de réconciliation, a assuré M. Koenders, en émettant l’espoir que les pourparlers de paix se tiendront sans tarder.  Il a aussi assuré que l’ONU voulait soutenir le renforcement des capacités et les réformes institutionnelles.

Le Ministre des affaires étrangères du Mali, M. Abdoulaye Diop, a regretté qu’« au moment où tout est mis en œuvre pour relancer les pourparlers de paix, les groupes armés, qui ont profité du statu quo pour reconstituer leurs forces, ont fait le choix de déclarer la guerre au Mali en s’attaquant à nos forces de défense et de sécurité », le 17 mai 2014.

Il a qualifié d’« acte crapuleux » l’attaque perpétrée contre le Premier Ministre et sa délégation à Kidal, et de « violation flagrante, délibérée et préméditée de tous les engagements antérieurs pris, y compris les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ».  M. Diop a affirmé aux membres du Conseil que les fanions d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) et d’Ansar Eddine flottaient sur les véhicules des agresseurs, aux côtés de ceux du MNLA.

Le Ministre a déploré que la délégation gouvernementale n’ait pas bénéficié du soutien et de la protection qu’elle était en droit d’attendre en de telles circonstances.  « Le peu de troupes des Forces armées maliennes étaient présentes sur le terrain –‘peu’, a-t-il précisé parce que cela était stipulé par l’Accord de Ouagadougou et respecté par la partie malienne– a dû faire face avec les moyens du bord à des hordes de narcoterroristes lourdement armés.»

Exigeant que l’agression survenue à Kidal ne reste pas impunie, M. Diop a demandé la création d’une commission internationale qui serait chargée de vérifier les faits afin que les responsables soient traduits devant les juridictions nationales et internationales.  En outre, dans la perspective du renouvellement du mandat de la MINUSMA, le Ministre malien des affaires étrangères a demandé au Conseil de sécurité de définir « un mandat robuste en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies et de désarmer tous les groupes armés, particulièrement le MNLA ».

Il a souhaité, en dernier lieu, que la déclaration et les recommandations qui seront adoptées sur cette situation précisent bien qu’il y a eu « un agresseur », qui doit être identifié clairement, et « un agressé », qui est le Gouvernement malien.

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